Édito

Aux premières lueurs de l’aube

septembre-décembre 2021

À l’heure où le minuscule et le microscopique sont devenus notre réalité virale la plus tangible, à l’heure où tout spectacle, film, exposition et toutes œuvres ont été privés de nos yeux dévorants ; au moment où nous ne sommes plus spectateur·ices du vivant, quelle révolution opère le regard ?

Affiche 2021-2022

Parties combattre l’insomnie du monde, trois femmes, trois artistes, viennent interroger cette question à la Maison pop, briguant les points de vue à l’aune d’expériences collectives audacieuses et édeniques. Joanne Leighton, chorégraphe de l’universel, nous invite à scruter le regard, à travers 365 jours de veille, à l’aube et au crépuscule, depuis un sommet culminant de la cité. Chaque personne s’engage à veiller dans cette ronde de regards, collaborative et visionnaire où tout humain compte. À partir des gestes de carrosserie et mécanique, la cinéaste et photographe Randa Maroufi partage un nouveau regard sur des scènes familières d’apprentissage jouées par des hommes et incarnées par des femmes, Les intruses. Au Centre d’art, Lou Masduraud, artiste des fantasmagories invitée par le curateur Thomas Conchou, compose un systm soupir fait d’entrelacs, de contorsions et de possibilités d’évasions pour nous pousser à voir le monde à l’envers. On libère le mouvement avec le Moteur idéal de Nils Alix-Tabeling et Justin Fitzpatrick pour la Nuit blanche, et les platines avec Inigo Montoya et leur post-pop, les voix ciselées de Gisèle Pape, Laetitia Shériff et UssaR et le flow de Catastrophe. Pour cette saison, la belle équipe enseignante des ateliers de la Maison populaire vient nourrir le regard et les pratiques au-delà de l’écran et clamer la poétique de la présence.

À égalité de regards, on construit un monde plus hospitalier.

Pauline Gacon, directrice
et l’équipe de la Maison populaire

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