Visites-ateliers scolaires

Imaginaires cartographiques

du 17 septembre au 20 septembre 2012

Ateliers de sensibilisation - à partir du CE1

Cette initiation à la cartographie « sensible » vous est proposée en deux temps :

Étape 1 > Une visite d’exposition (durée : 45 min)

L’objet de la Mission Maléko 2013 est de proposer une cartographie collective, sensible, intime et politique, de l’île Maléko, nom donné au territoire défini par les déplacements de Monsieur M durant toute l’année 1968, entre chez lui – rue Dombasle à Montreuil - et son travail - l’Institut Géographique National. Une occasion de découvrir la mission à travers les carnets et le territoire de Monsieur M qui raconte, sans passion ni sentiment, les évènements de sa vie.

Étape 2 > Un atelier de pratique (durée : 1 h 15)

Les enfants seront ensuite amenés à s’interroger sur le parcours effectué entre l’école et la Maison populaire, sur les territoires inconnus... afin de réaliser par binôme une carte sensible d’un territoire. Accompagnés par l’un des membres du collectif artistique Monsieur M, Dérives, ils seront ainsi amenés à écrire quelques mots et sensations, à choisir des icônes pour les géolocaliser sur une carte dont ils auront préalablement défini les « frontières ».

Un DVD regroupant les différentes cartes sensibles réalisés par les
enfants sera ensuite offert à la classe.


Extrait des notes d’Ernesto, par Marc Perrin (membre de l’équipe d’explorateurs de la Mission Maléko 2013)

« Mardi 18 septembre 2012, il est 14 h 08, les enfants entrent dans le salon. Ernesto : arrivé un peu avant 14 h 00. A sonné à l’interphone, dehors, rue Dombasle. Bonjour, c’est Ernesto. On vient le chercher. Ernesto : reconnaît la dame. Ernesto : ne connaît pas son nom. Ne lui demande pas. Lui a parlé hier. Ernesto. S’assoit au bureau. Ernesto. Commande un café.

À 14 h 08, les enfants entrent dans le salon. Ernesto entend : une voix adulte dire : Lola, Pablo, il y a des chaises. Ernesto. Assis au bureau. Face à lui 27 enfants et 4 adultes. À ses côtés, Jocelyne. Parle aux enfants.

Ernesto. Fait partie d’une mission un peu spéciale. Les enfants. Ils disent. Ce qu’ils voient dans le bureau. De fiction. Ils disent. On voit la mer. On voit une télé. On voit une carte. On voit du sable. On voit un écran. On voit Ernesto. On voit l’ordinateur sur lequel et/ou avec lequel : travaille Ernesto. On voit des étagères. On a l’impression d’être à la maison.

(...)

On travaille. On dessine des cartes. On travaille. On habite une île. On travaille. On dessine une île. On représente le paysage. = ce qui est déjà existant. = ce qui existe déjà. On représente une sensation. On parle de Léonard de Vinci. Léonard de Vinci est peintre, inventeur, scientifique, il travaille dans l’art, il est italien.

(...)

On. Descend dans les salles Castor. Et Pollux. On écrit des phrases. On. Dessine des contours. On : c’est les enfants. Les enfants. Ils écrivent.

Je suis un policier devient je suis un enfant qui travaille devient je suis un enfant qui apprend à nager. Les douanes m’ont volé ma tortue. J’étais triste. Ce matin quelqu’un s’est battu. A mis une gifle sur mes yeux. Je n’arrivais plus à ouvrir mes yeux. J’avais mal. J’étais mécontent. Je voulais les attraper. L’île est comme une montagne. Comme un croissant. J’ai cru qu’on allait rester une heure devant la maison. Populaire. J’ai pensé à ma copine. Sur la route. En direction de la maison. Populaire. On a marché pour aller à l’école. Le matin, on dort avant l’école. On est bien quand on dort dans le lit. On a pris le petit déjeuner. J’aime regarder les étoiles. Je veux aller dans un avion. J’ai rigolé sur le nom d’un passant. Entre l’école et la maison. Populaire. Beaucoup de crottes de chien sur les trottoirs. Des poubelles, devant des jolies maisons aux allures paisibles. J’ai vu sur le chemin un monsieur. Il mesurait la route. Pourquoi faire. Il y avait plein de poubelles sur les trottoirs. Les trottoirs étaient trop petits. On a eu peur d’arriver en retard à la maison. Populaire. Mais arrivés devant, la porte était fermée. C’est la deuxième fois que je viens dans la salle Pollux. C’est la première fois que j’entends parler de l’île Maléko. Je suis partie en Algérie. J’ai fait du cheval. J’ai pris des photos pour garder ces souvenirs. J’ai fait du vélo. Et j’ai pris l’avion. Des noix. Du caca de chien. Des feuilles. Des immeubles. J’avais soif. J’avais envie de vomir. J’ai bien aimé partir de l’école. Ce sont toujours les autres qui voient leurs parents. Sur le chemin il y a beaucoup de poubelles. Ici c’est à côté de l’école de ma sœur. Les enfants. Ont des prénoms. Les adultes. Aussi. Alam. Ayoub. Chaïma. Chaïnese. Chloé. Clark. Diwan. Érica. Imane. Jouana. Kati. Léa. Lily. Lola. Louise. Maëlle. Pablo. Sirine. Ulysse. Wilbens. Younes.

Ernesto. Sait que trois prénoms manquent à ce groupe de prénoms. Ernesto. Pense qu’il faudra retrouver. Ces trois prénoms. Ernesto. Pense à écrire aux enfants. À tous. +. Et. Ou. À chacun. Et aux adultes aussi. Ernesto. Pense à écrire une lettre adressée à chacun. Pense que ces notes pourraient être adressées, fragment par fragment, à chacun de celles et ceux avec qui il a partagé un bref moment, cet après-midi, chaque fragment adressé à une ou à un. L’ensemble adressé à tous. »



« J’ai vu des maisons, des voitures, des trottoirs, des pigeons, le maître, la mère de Laurent-Alexandre, la route, les égouts. »


« Ma télévision à l’ancienne n’existe plus que chez moi. »

Portfolio

Ile Léa Jouanna
Ile Léa Jouanna
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Informations

Durée : 2 heures
Coût : 20 euros par classe

Avec successivement les classes de
 CM1 de monsieur Gallet, école Estienne d’Orvès
 CE1 de madame Kouchari, école Nanteuil
 CM1 de monsieur Ouk, école Estienne d’Orvès
 CE1 de madame Sinègre, école Diderot 2

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