Écrans Philosophiques

En l’absence de l’autre

Jeudi 14 décembre 2017 à 20 h 30

Projection suivie d’une présentation et d’une discussion avec les spectateurs.
Au Cinéma Le Méliès de Montreuil.

En corrélation avec l’exposition intitulée « L’Autre… De l’image à la réalité » et un cycle de conférences, « L’Autre en philosophie et en Psychanalyse », Les Écrans philosophiques de Montreuil - Taipei proposent un nouveau thème pour la période octobre 2017 – janvier 2018, "Penser et filmer l’autre"

Cycle : « Penser et filmer l’autre »

Film : Ida de Pawel Pawilowski (Polonais-Danois, 2014, 1h22) avec Agata Kulesza, Agata Trzebuchowska.
Présenté par Éric Lecerf, maître de conférences à l’Université Paris 8, ancien directeur de programme au CIPh.

Parmi les nombreuses lectures qui peuvent être proposées du film de Pawel Pawlikowski, Ida , nous pourrions retenir celle-ci : c’est l’histoire de deux femmes pour qui l’ Autre s’écrit fatalement avec la majuscule de majesté – le Christ pour la première, le Prolétariat pour la seconde – et qui vont, à travers la ressaisie du passé qui les lit, être amenées à renouer avec le secret d’humanité de cet autre qui est là, vraiment là, dans le regard que nous renvoie autrui. Entre Anna, la jeune nonne catholique, et Wanda, sa tante communiste, il y Ida, la fillette juive que l’orphelinat a rebaptisée du nom d’Anna après que ses parents aient été exterminés. Anna, rétablie dans son identité d’Ida, et Wanda ne sont pas simplement des rescapées, elles se découvrent interdites d’accès aux sources de cette altérité. La résurgence d’Ida institue ainsi entre elles bien plus qu’un lien, mais la communauté d’une absence qui ne saurait se combler sans une véritable ouverture à autrui. Au-delà de la question de ce passé qui demeure d’une actualité brûlante dans la Pologne conservatrice d’aujourd’hui, nous interrogerons cette figure de l’autre qui porte en elle les traits de cette infime transcendance qu’aucun dogme, religieux, moral ou politique, ne saurait qualifier. Entre espérance et renoncement, le récit ne tranche pas, sinon qu’il élève la rencontre avec autrui au rang d’événement. Un événement qui relève certes plus de l’éthique que de la politique, mais dont la politique ne saurait cependant se passer si elle veut être autre chose qu’une science du pouvoir.
Parmi les nombreuses lectures qui peuvent être proposées du film de Pawel Pawlikowski, Ida, nous pourrions retenir celle-ci : c’est l’histoire de deux femmes pour qui l’Autre s’écrit fatalement avec la majuscule de majesté – le Christ pour la première, le Prolétariat pour la seconde – et qui vont, à travers la ressaisie du passé qui les lit, être amenées à renouer avec le secret d’humanité de cet autre qui est là, vraiment là, dans le regard que nous renvoie autrui. Entre Anna, la jeune nonne catholique, et Wanda, sa tante communiste, il y Ida, la fillette juive que l’orphelinat a rebaptisée du nom d’Anna après que ses parents aient été exterminés. Anna, rétablie dans son identité d’Ida, et Wanda ne sont pas simplement des rescapées, elles se découvrent interdites d’accès aux sources de cette altérité. La résurgence d’Ida institue ainsi entre elles bien plus qu’un lien, mais la communauté d’une absence qui ne saurait se combler sans une véritable ouverture à autrui. Au-delà de la question de ce passé qui demeure d’une actualité brûlante dans la Pologne conservatrice d’aujourd’hui, nous interrogerons cette figure de l’autre qui porte en elle les traits de cette infime transcendance qu’aucun dogme, religieux, moral ou politique, ne saurait qualifier. Entre espérance et renoncement, le récit ne tranche pas, sinon qu’il élève la rencontre avec autrui au rang d’événement. Un événement qui relève certes plus de l’éthique que de la politique, mais dont la politique ne saurait cependant se passer si elle veut être autre chose qu’une science du pouvoir.

Éric Lecerf

La phénoménologie, la psychanalyse, la philosophie éthique et politique contemporaine, ont bouleversé la pensée du sujet en faisant porter l’accent sur l’autre ou même en se focalisant sur lui. Quant au cinéma, s’il a sa propre manière de révéler la relation entre moi et autrui, de montrer la proximité et l’irréductibilité de l’autre, la dignité et la nécessité de celui qui se présente comme étranger (notamment par les choix et les confusions assumées entre caméra subjective et objective) l’altérité est à la source de ses propres questionnements, ne serait-ce que par la fonction de dédoublement du sujet qu’il opère en chacun de nous. Dès son origine son problème a été de démêler les fils entre altérité et duplicité, de ne pas figer l’autre dans une posture propre à conditionner les ressentis. 

Quand philosophie et cinéma se rencontrent, comment les films modifient-ils l’appréhension philosophique de l’altérité ? Et comment la philosophie déploie-t-elle le sens de l’autre tel qu’il se manifeste dans un film ? Ce sont les questions qui habiteront chaque présentation des Ecrans. Les choix de films et les interventions s’orienteront vers la teneur de l’expérience intersubjective, ou dans une dimension plus sociale ou plus politique, vers le statut de l’autre mineur ou la question du devoir d’hospitalité. 

Ressources

  • Programme Taipei (PDF – 66.1 ko)
  • Informations

     Le cycle des Écrans philosophiques est conçu par la Maison populaire et organisé avec le Collège international de philosophie en collaboration avec Le Méliès (Montreuil).


     Au Cinéma Le Méliès à Montreuil 12 Place Jean Jaurès - Tel. 01 83 74 58 20
 - M° Mairie-de-Montreuil (ligne 9)
    Le prix de la séance, conférence comprise :
    • Plein tarif, 6 euros
    • Tarif réduit, 4 euros (moins de 26 ans, allocataires des minima sociaux, demandeurs d’emploi, retraités, porteurs d’un handicap (+ place gratuite pour un accompagnateur).
    • Tarif abonnés : 5 euros

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