Résidence territoriale d’artiste

Randa Maroufi

Saison 21-22

Cette année, avec l’aide à la production de la Maison populaire, Randa Maroufi développe un nouveau projet dans la continuité de sa série « Les intruses ».

Depuis décembre 2016, l’artiste Randa Maroufi développe une série photographique appelée « Les Intruses », qui s’intéresse à la mise en scène des corps dans l’espace public ou intime. L’idée de ce projet lui est venue lorsqu’elle a remarqué une occupation majoritairement masculine au niveau du boulevard de La Chapelle et de ses commerces de proximité. Ce regroupement d’individus lui a donné envie de développer un travail photographique et filmique où elle jouerait à détourner les genres, en plaçant des femmes dans des situations habituellement occupées par des hommes. Cette série s’inscrit sur différents territoires, comme en janvier 2018, où elle met en scène des femmes « intruses » qui occupent l’espace d’un café à Bruxelles. Ces femmes reproduisent alors la même gestuelle, la même posture que celles des hommes : elles jouent aux cartes, regardent un match de foot dans l’indifférence générale. En occupant les terrasses, elles se mettent en vitrine dans un espace public qui exclut habituellement le genre féminin.

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Les Intruses
« Barbès », 80 x 150 cm, photographies couleur et vidéos (2018-2019), dans le cadre de « Embellir Paris ». Produit par l’Institut des Cultures d’Islam avec le soutien de Emerige Mécénat (Paris).

Consciente que cette représentation va en partie à l’encontre des intentions égalitaires, ce projet vient avant tout interroger le partage de l’espace commun entre les genres. Au-delà d’une dénonciation, il s’agit d’un acte où les perceptions basculent, l’espace public se recompose afin de réintroduire la question de la mixité.

Cette année, avec l’aide à la production de la Maison populaire, Randa Maroufi développe un nouveau projet dans la continuité de sa série « Les intruses ». Partant du constat que les filières « automobiles » de carrosserie, peinture et mécanique du lycée professionnel Jean-Pierre Timbaud d’Aubervilliers, sont très majoritairement, pour ne pas dire exclusivement, composées d’élèves hommes, Randa Maroufi souhaite inverser les rôles en mettant en scène les élèves femmes du Lycée Jean Jaurès de Montreuil dans les ateliers. L’objectif étant de susciter une réflexion sur les métiers genrés, ici les métiers des filières « automobiles » vu comme masculins, en faisant jouer et interpréter leurs gestes par des femmes du même âge.

Informations

Dans le cadre de la commande photographique du Département de la Seine-Saint-Denis.

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